Choisir le nom de son activité est souvent l’une des premières grandes décisions quand on se lance comme coach, thérapeute ou professionnel·le de l’accompagnement. Et paradoxalement, c’est aussi l’une de celles qui bloquent le plus.
Faut-il utiliser son nom et prénom ou créer un nom de marque ?
Est-ce une décision stratégique… ou surtout émotionnelle ?
Dans cet article, on va remettre de la clarté là où il y a souvent trop de pression, d’injonctions et de peurs.
Pourquoi choisir le nom de son entreprise est si difficile
Si cette question te prend autant d’énergie, ce n’est pas un hasard.
Dans les métiers de l’accompagnement, le nom n’est jamais qu’un détail administratif. Il est chargé de symbolique.
C’est le nom sous lequel tu te présentes au monde
Il incarne souvent une reconversion ou un virage de vie
Il matérialise un engagement : « voilà qui je suis maintenant »
À cela s’ajoutent plusieurs injonctions très répandues :
« Il faut un nom unique et mémorable »
« Ton nom doit refléter toutes tes valeurs »
« Il faut choisir le bon tout de suite, après ce sera trop tard »
Résultat : on cherche le nom parfait, celui qui dirait tout… alors même que son positionnement n’est pas toujours encore clair. Et on finit souvent paralysé·e, convaincu·e qu’on ne peut pas démarrer tant que le nom n’est pas trouvé.
Les deux options possibles : nom personnel ou nom commercial
En réalité, il n’existe que deux grandes options, et aucune n’est meilleure que l’autre en soi.
Option 1 : utiliser son nom et prénom
C’est une option très répandue dans l’accompagnement, et pour de bonnes raisons.
Les avantages du nom personnel
1. Cohérence avec le métier
Dans l’accompagnement, c’est toi que l’on choisit. Comme pour un médecin ou un psychologue, on recommande une personne avant une marque.
2. Simplicité immédiate
Ton nom existe déjà. Pas de brainstorming interminable : tu peux te présenter et démarrer tout de suite.
3. Grande flexibilité dans le temps
Ton activité peut évoluer, ton nom s’adaptera toujours. Changer d’offres, de thématiques ou de public ne nécessite pas de tout renommer.
4. Moins d’effort de mémorisation
Les gens n’ont qu’un nom à retenir : le tien.
5. Avantage clair sur LinkedIn
Les profils personnels sont beaucoup plus mis en avant que les pages d’entreprise. Travailler son personal branding est aujourd’hui l’un des leviers les plus efficaces.
De nombreux accompagnants connus se sont développés ainsi, sans que cela empêche la création de véritables entreprises autour d’eux.
Les limites du nom personnel
Moins adapté si vous êtes plusieurs associé·es ou si tu veux déléguer massivement
Peut poser question si tu envisages de revendre ton entreprise
Peut être compliqué si ton nom est très courant ou difficile à prononcer
En B2B, certains interlocuteurs préfèrent un nom de structure (même si ce n’est pas une règle absolue)
Option 2 : créer un nom de marque
C’est l’option qui fait souvent rêver… mais qui demande aussi plus d’énergie.
Les avantages du nom commercial
1. Liberté créative
Tu peux créer un univers, une identité, un nom évocateur de ta mission.
2. Plus simple pour travailler à plusieurs
Les collaborateurs ne travaillent pas « sous ton nom », mais sous celui de la marque.
3. Image parfois plus structurée en entreprise
Dans certains contextes B2B, cela peut renforcer la perception de solidité.
Les limites du nom commercial
Le nom ne parle pas tout seul : il faut l’expliquer et l’incarner
Le marché est saturé de mots-clés génériques (coaching, bien-être, reconversion…)
Cela demande du temps (recherche) et parfois de l’argent (dépôt à l’INPI)
Moins de flexibilité si ton positionnement évolue rapidement
Changer de nom n’est pas un échec
Beaucoup de professionnel·les changent de nom au fil de leur évolution — et c’est parfaitement sain.
On peut :
commencer sous son nom par simplicité,
créer ensuite une marque quand le positionnement se précise,
puis revenir à son nom pour retrouver de la liberté.
Changer de nom n’est ni un échec, ni une erreur stratégique. C’est souvent le signe d’une activité qui mûrit.
Les 3 questions clés pour faire le bon choix
Au lieu de chercher le nom parfait, pose-toi ces trois questions simples.
1. Suis-je prêt·e à associer mon nom et mon image à cette activité ?
- Oui → le nom personnel est probablement le plus fluide
- Non → demande-toi si c’est stratégique… ou lié à un manque de légitimité
2. Mon positionnement est-il vraiment clair aujourd’hui ?
- Oui, et je veux m’y engager plusieurs années → le nom de marque peut être pertinent
- Non, ça évolue encore beaucoup → ton nom personnel est souvent plus sécurisant
3. Quel niveau de liberté veux-je garder ?
- Envie d’évoluer, de changer, d’explorer → nom personnel
- Envie de creuser un sillon précis → nom de marque possible
Ce qu’il faut vraiment retenir
Le nom parfait n’existe pas
Il n’exprimera jamais toute ta profondeur ni tout ton impact.Tu pourras toujours changer
Aucune décision n’est irréversible. Le public suit si tu communiques avec clarté.Ce n’est pas ton nom qui fait ton succès
Dans l’accompagnement, ce qui compte vraiment, c’est :
ta posture
ton professionnalisme
ton éthique
la qualité de ce que tu apportes
Les gens ne viennent pas pour un nom « stylé ». Ils viennent pour toi.
Et maintenant ?
Si tu hésites encore, choisis le nom le plus simple et le plus confortable aujourd’hui, celui qui te permet d’avancer sans t’épuiser.
👉 Et rappelle-toi : ce n’est pas ton nom qui crée la confiance.
C’est la manière dont tu accompagnes, communiques et incarnes ton métier.


