Quand j’ai lancé mon activité de coach professionnelle il y a six ans, j’en étais à ma troisième reconversion. Je venais de démissionner de l’Éducation nationale.
J’étais convaincue que c’était la meilleure décision pour moi. Mais cette conviction s’accompagnait d’une pression énorme. Cette fois, je n’avais plus le droit à l’erreur. J’avais enfin trouvé un domaine qui me passionnait et réussir signifiait pouvoir en vivre rapidement.
J’étais donc à l’affût de tout ce qui pouvait m’aider à avancer. Voici les dix conseils qui ont fait toute la différence.
1. N'attendez pas que tout soit parfait pour vous lancer
Ce conseil, je l’ai entendu lors d’un stage « 5 jours pour entreprendre » à la CCI. Une journée était dédiée au marketing et à la communication. Et je me souviens encore du formateur qui nous a dit : « N’attendez pas que tout soit parfait pour vous lancer. »
À ce moment-là, j’étais en train de griffonner un logo. Moi qui peux avoir tendance à être perfectionniste, à vouloir que chaque détail soit impeccable, à refaire les choses dix mille fois, ce conseil m’a percutée.
La réalité, c’est qu’au début, personne ne vous suit. Personne ne vous regarde. Personne ne sait ce que vous faites. Vous pouvez vous tromper, changer, recommencer — et ça ne pose aucun problème.
C’est en faisant qu’on observe ce qui fonctionne. Lancez-vous, vous perfectionnerez au fur et à mesure.
2. Ne vous comparez pas aux autres
Quand on démarre, on en est à la page 1 de son livre. Et très souvent, on se compare à des gens qui en sont à la page 500.
On les regarde et on se dit : « Je ne suis pas à la hauteur, je ne suis pas au niveau. » Évidemment que non. Ils ont 499 pages d’avance.
Chacun a sa sensibilité, sa personnalité, ses objectifs, sa cible, sa clientèle. Comparer des poires et des pommes, ça ne fonctionne pas. C’est pareil dans l’entrepreneuriat.
Regardez ce que font les autres pour vous inspirer, pour mieux connaître votre marché. Mais certainement pas pour vous dire que vous êtes moins bon ou moins bonne.
Et si les réseaux sociaux vous mettent mal à l’aise, sachez qu’il n’y a aucune obligation à communiquer dessus. Il y a une obligation de communiquer, oui. Mais pas forcément sur Instagram ou LinkedIn. L’idée, c’est de trouver votre propre style, vos propres canaux, votre propre façon de vous faire connaître.
3. Spécialisez-vous
Je sais que ce conseil est difficile à entendre quand on démarre. Moi aussi, j’étais réfractaire au début. J’avais envie d’accompagner plein de gens sur plein de sujets différents. Et comme beaucoup, j’avais peur de me priver de clients en me spécialisant.
La réalité est tout l’inverse.
Au début, on n’a pas de clients. On a peur d’en perdre, mais on a peur de perdre des clients qu’on n’a pas. Ça n’a pas de sens.
Mon conseil est donc: Spécialisez-vous d’abord. Vous pourrez toujours élargir ensuite comme Apple qui a commencé par fabriquer des ordinateurs et qui produit aujourd’hui des séries.
4. Fake it until you make it
Faites semblant d’avoir confiance jusqu’à ce que la confiance soit vraiment là.
Quand on démarre une nouvelle activité, on manque de confiance et on ne se sent pas légitime. C’est normal — on n’a pas encore d’expérience. On n’a encore jamais accompagné personne.
Le problème, c’est que ce manque de confiance peut bloquer. On n’ose pas parler de ce qu’on fait, on n’ose pas prospecter, on n’ose pas développer son activité. Et c’est un cercle vicieux : moins on développe, moins on a de clients, moins on gagne en confiance.
La confiance vient en faisant. Elle vient en accompagnant des personnes, en résolvant des problèmes, en voyant que ça fonctionne. Elle ne vient pas en restant assis sur son canapé à attendre un miracle.
Alors au début, faites semblant. Faites semblant d’avoir confiance, d’avoir de l’expérience, de vous sentir légitime. Ça vous permettra d’oser et c’est en osant que la vraie confiance viendra.
Il y a un excellent TEDx d’Amy Cuddy sur ce sujet. Je vous encourage vraiment à le regarder.
5. Parlez de ce que vous faites
Parlez de votre activité autour de vous. À tout le monde. Tout le temps. Ou presque.
Si vous ne le faites pas, personne ne le fera pour vous. Et si personne ne le fait, les gens ne pourront pas vous trouver. Ils ne pourront pas vous identifier comme la personne qui peut les aider ou aider quelqu’un qu’ils connaissent.
Que vous soyez à la caisse du supermarché, à la salle de sport, en soirée entre amis ou dans un événement de réseau : parlez de ce que vous faites !
Pour ça, élaborez un pitch. Apprenez à présenter votre activité de manière simple. Plus vous le direz, plus vous prendrez le feedback des gens. « Ah, ça c’est pas clair. » « Les gens ne comprennent pas quand j’utilise ce mot. » Ça vous permettra de le perfectionner.
6. Tout a été dit, mais pas avec vos mots
Quand on se prépare à communiquer, on a souvent l’impression que tout a déjà été dit mille fois. Sur internet, dans les livres, sur les réseaux sociaux.
C’est vrai. Tout a été dit.
Mais rien n’a jamais été dit avec votre voix, votre sensibilité, votre authenticité.
Votre client idéal, vous allez l’attirer en parlant avec votre style, votre personnalité. Pas en copiant ce que font les autres.
Regardez la publicité : combien de fois voit-on les mêmes messages répétés ? C’est agaçant, mais ça fonctionne. Les messages ont besoin d’être dits plusieurs fois pour être mémorisés.
Et parfois, quelqu’un a entendu un message mille fois, mais c’est le jour où il le reçoit de vous, avec vos mots, à un moment particulier de sa vie, que ce message fait vraiment une différence.
Vous avez votre propre expérience, votre propre expertise, votre propre personnalité. Personne ne peut vous les copier. Alors ne vous bridez pas.
7. Fixez-vous des objectifs réalisables
Fixez-vous des objectifs. Ça permet de clarifier votre feuille de route, de savoir où vous voulez aller. Un objectif bien posé est déjà un objectif à moitié atteint.
Donnez-vous une échéance : un mois, trois mois, six mois, un an. Sinon, chaque jour vous devrez vous demander ce qui est important à faire — et c’est épuisant.
Mais ces objectifs doivent être réalisables. Vous devez vous sentir en capacité de les atteindre. Sinon, le risque c’est le découragement et la procrastination.
Un objectif trop gros, c’est comme vouloir escalader l’Everest en une fois. Les alpinistes ont des camps de base. Ils progressent palier par palier. C’est pareil pour développer une activité.
Décomposez vos grands objectifs en petites étapes. Ça vous permettra d’avancer à votre rythme sans vous épuiser.
8. Parlez de vos objectifs autour de vous
Une fois que vous avez fixé vos objectifs, parlez-en.
Moi, c’est quelque chose qui me booste énormément. Quand j’ai un objectif, je le dis aux autres. Une fois que c’est dit, je me dis : « Maintenant, tu vas être obligée de te donner les moyens de l’atteindre. »
Si je n’y arrive pas, ce n’est pas grave. Mais ça crée un effet d’entraînement très puissant. Ça donne l’élan.
S’engager auprès de ses proches, c’est se donner un coup de boost. Alors que quand on ne dit rien à personne, on peut facilement laisser tomber.
9. Entourez-vous
Quand on est entrepreneur, on peut se sentir très seul. Plus de collègues pour plaisanter à la machine à café. Plus de boss pour dire quoi faire. Personne pour vous sortir du lit le matin. Tout repose sur vous.
C’est pour ça qu’il est essentiel de s’entourer.
Des pairs : des personnes qui font la même activité que vous. C’est précieux pour apprendre, échanger sur vos pratiques, vous soutenir dans les difficultés et les réussites. On peut se filer des bons tuyaux, se nourrir de l’énergie des autres quand on est en baisse, leur donner la nôtre quand ils en ont besoin.
Créez-vous un petit groupe de trois ou quatre personnes avec qui vous vous voyez régulièrement — une fois par mois, en présentiel ou à distance.
Des réseaux d’entrepreneurs: pour rencontrer des personnes qui font d’autres activités, élargir votre vision, nouer des partenariats. Vous les recommandez à vos clients, ils vous recommandent aux leurs.
Il existe plein de réseaux aujourd’hui : locaux, départementaux, nationaux, parfois thématiques. Fouillez, testez. Vous pouvez souvent assister à une ou deux réunions gratuitement pour voir si ça vous correspond.
10. Évaluez vos journées aux graines semées, pas aux graines germées
C’est peut-être le conseil le plus important.
Quand on démarre, on fait beaucoup de choses pour développer son activité : des rencontres, des échanges, des événements, des actions de communication. Et parfois, les résultats mettent du temps à arriver.
Certains projets se concrétisent très vite. D’autres prennent un an, deux ans. C’est normal. Mais ça peut être décourageant quand on fait plein d’actions et qu’il ne se passe pas grand-chose côté chiffre d’affaires.
C’est pour ça qu’il est important de changer de regard.
En fin de journée, plutôt que de vous demander « Qu’est-ce que j’ai récolté ? », demandez-vous « Qu’est-ce que j’ai semé ? »
C’est une façon d’envisager son activité qui est beaucoup plus puissante. Beaucoup plus stimulante. Et qui permet de tenir la motivation dans la durée.
Ce qu'il faut retenir
Lancer une activité d’accompagnement, c’est accepter d’apprendre en marchant. De se tromper, d’ajuster, de recommencer.
Et surtout, n’attendez pas que tout soit parfait. Lancez-vous.
Vous sentez que vous êtes bloqué·e dans le développement de votre activité ? Mon offre de Coaching peut vous aider à retrouver de l’élan.


